Chapitre 3. Education

Pour les socialistes, l’école est fondamentale. Elle doit tirer chaque élève, chaque étudiant au maximum de ses capacités ; elle doit lui offrir le meilleur des apprentissages ; elle doit lui permettre de s’épanouir dans la société. 

Pourtant, en Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), l’école ne joue pas pleinement le rôle d’ascenseur social qui devrait être le sien. Souvent, si pas presque toujours, l’origine socioéconomique influence fortement les résultats et le parcours scolaire des enfants. L’école reproduit les inégalités, voire les amplifie, plutôt que de les combattre. 

Cette situation s’explique notamment par l’existence d’un « marché scolaire » qui s’est peu à peu développé en FWB. Marché scolaire en raison de la multiplicité des acteurs (plusieurs réseaux et pouvoirs organisateurs). Marché scolaire aussi en raison des spécificités de notre enseignement, notamment un recours massif au redoublement et un parcours différencié précoce (l’élève est amené à choisir très tôt sa voie, au travers d’options ou d’orientations entre l’enseignement général, technique ou professionnel). Cette réalité traduit une certaine logique libérale de compétition et de hiérarchie entre élèves. 

L’école reproduit également les inégalités à cause du coût de l’enseignement pour les parents. 

Il convient en outre d’être attentif à ce que de nouvelles inégalités ne s’ajoutent pas aux précédentes. Aujourd’hui, comme tous les domaines de la société, la révolution numérique touche aussi le monde de l’école : tant dans les méthodes d’apprentissage (notamment par l’utilisation d’outils pédagogiques nouveaux) que dans les programmes de cours (on n’imagine plus un programme d’enseignement qui ne ferait pas référence aux conséquences de la numérisation). L’école se doit d’intégrer la révolution numérique et surtout d’en faire un instrument d’émancipation pour les élèves. 

Le PS entend proposer une nouvelle école pour demain. Cela suppose notamment une redéfinition des finalités de l’école, une modification du parcours d’apprentissage et une optimisation de l’offre d’enseignement. 

Cette volonté réaffirmée rejoint sous plusieurs aspects la stratégie développée dans le « Pacte pour un enseignement d’excellence » du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, sous la houlette du Ministre-Président socialiste Rudy Demotte. Le Pacte a été élaboré sur la base d’analyses objectives des forces et des faiblesses de notre enseignement. Il a été négocié avec une multitude d’acteurs du monde de l’éducation, dont des représentants des syndicats, des pouvoirs organisateurs et des associations de parents. Sa mise en oeuvre complète demandera une quinzaine d’années. Le PS soutient la démarche du Pacte et entend contribuer à sa réalisation. Le PS sera également attentif à ce que les consultations autour du Pacte et la prise en compte de leurs résultats puissent se poursuivre le plus largement possible. L’adhésion et la participation des acteurs du monde scolaire, des parents et des élèves conditionnent le succès du Pacte. 

Proposition 28

De nouvelles finalités pour l’école de demain : l’égalité des acquis, l’émancipation, une école ouverte et participative 

La première proposition, la première volonté du PS en matière d’enseignement est générique : compte tenu des inégalités que l’école reproduit, compte tenu des enjeux qu’impose la société, il importe de déterminer les nouvelles finalités imposées au système scolaire.

Elles sont au nombre de trois : passer d’une égalité des chances à une égalité des acquis, faire en sorte que l’émancipation personnelle de l’élève constitue le coeur du projet éducatif des établissements scolaires, ouvrir l’école sur le monde et, par là, libérer les esprits des élèves. 

En matière d’éducation, c’est l’égalité des acquis qu’il faut offrir. L’égalité des chances ne suffit pas. Notre enseignement ne doit pas se satisfaire de mettre tous les élèves sur une même ligne de départ ; il doit avoir pour objectif de faire franchir la ligne d’arrivée à chacun. Ce qui compte, c’est de garantir que chaque élève ait acquis, au terme de son année ou de son cursus, les compétences prévues. 

L’égalité des acquis est indissociablement liée à l’émancipation des élèves. Ce qui est pertinent aux yeux des socialistes, c’est que l’élève acquière des connaissances, des méthodologies, des facultés de jugement et de discernement qui lui permettent d’évoluer dans la vie avec une autonomie intellectuelle et matérielle. 

Enfin, troisième finalité essentielle de l’enseignement voulu par les socialistes : ouvrir l’esprit des élèves. L’école doit être un lieu de vie et d’activité, ouverte et participative. Cette ouverture sur le monde doit, par exemple, s’exprimer à travers la généralisation pour tous les élèves, quel que soit le réseau d’enseignement, d’un cours de philosophie et de citoyenneté. Apprendre à penser par soi-même, comprendre l’histoire et le fonctionnement des religions et des grandes idéologies, étudier les principes fondamentaux de l’Etat de droit, cerner le concept de laïcité de l’Etat, saisir les fondements du fanatisme, voilà des éléments de nature à construire une société plus pacifique et plus tolérante. 

Proposition 29

Une véritable gratuité scolaire dans les faits 

Pour les socialistes, l’école doit être totalement gratuite. C’est une condition sine qua non pour garantir l’égalité réelle entre les élèves. La gratuité contribue à instaurer une réelle égalité des enfants face aux apprentissages, à lutter contre les dérives du marché scolaire et à renforcer l’accessibilité des différents établissements. 

Le principe de gratuité scolaire est inscrit à l’article 24 de la Constitution. Dans les faits, la gratuité scolaire n’existe pas. Les socialistes entendent concrétiser le prescrit constitutionnel. L’intervention financière des pouvoirs publics au bénéfice des élèves, pour garantir la gratuité, doit être régie par des principes clairs, singulièrement en termes éducatifs (par exemple lier les activités proposées dans le cadre scolaire à un intérêt pédagogique). Cette gratuité assumée engendrera l’interdiction pour les établissements scolaires de réclamer des frais aux parents. 

A brève échéance, les socialistes entendent fixer avec les parents, les élèves, les enseignants, les acteurs scolaires (syndicats, pouvoirs organisateurs, associations de parents) et le secteur associatif (Réseau wallon de lutte contre la pauvreté, Ligue des familles, etc.) la liste des frais à intégrer progressivement à cette nouvelle politique publique de la gratuité. Le PS demande également l’instauration de repas gratuits ou à prix très modiques dans les écoles, en commençant par celles qui accueillent un public fragilisé. Il demande par ailleurs la mise en place d’une heure d’étude dirigée quotidienne et gratuite. 

Proposition 30

L’école pensée comme lieu de lutte contre la pauvreté et les inégalités 

L’école ne doit pas être uniquement un lieu de transmission des savoirs et d’acquisition de savoir-faire. L’école du futur doit s’envisager dans un sens large et prendre en charge tout ce qui touche à la vie de l’élève. L’établissement scolaire doit élargir son champ d’action à la santé (dépistage, suivi de la visite médicale), à une alimentation équilibrée (accès aux repas et éducation alimentaire), à la culture et au sport (activités culturelles et sportives gratuites sur le lieu scolaire), à la technologie (accès large et gratuit aux technologies de l’information). Cette approche englobante participe de la volonté socialiste d’émanciper tous les enfants grâce à l’école. 

Aujourd’hui, les différentes structures qui accompagnent l’enfant en dehors de l’école sont dispersées en plusieurs lieux, en raison de la multiplicté des niveaux de pouvoir et des entités compétentes (l’école, l’accueil extrascolaire, la santé, les activités culturelles et sportives). Cet éparpillement des compétences et des structures a parfois tendance à rendre l’accès plus difficile.. Pour remédier à cette situation, les socialistes proposent de mettre sur pied des guichets uniques de l’enfance rassemblant les différents services. Pour les enfants en âge d’obligation scolaire, ce service peut être centralisé au sein des écoles. 

De façon à assurer le meilleur suivi possible, un dossier accompagnera l’élève depuis sa fréquentation de l’école maternelle jusqu’à la fin de son parcours scolaire. Ce dossier identifiera ses difficultés d’apprentissage et son évolution. Plus largement, il reprendra les informations nécessaires pour répondre aux besoins fondamentaux de chaque enfant (suivi de la visite médicale, activité sportive, transport scolaire). 

Proposition 31

L’obligation scolaire dès trois ans pour donner un maximum de chances à chacun 

De nombreuses études révèlent l’importance de fréquenter le plus tôt possible un milieu scolaire. Pourtant, certains enfants, en particulier ceux qui sont issus de milieux précarisés ou qui ne maîtrisent pas la langue française, intègrent l’école plus tard ou ne fréquentent pas le milieu scolaire de manière régulière avant six ans. Abaisser l’âge de l’obligation scolaire est un moyen de lutter contre les inégalités et de limiter les effets des déterminismes sociaux. Imposer une fréquentation régulière de l’école dès l’âge de trois ans est nécessaire pour que l’élève acquière les codes du système scolaire et une connaissance suffisante du français. Bien entendu, l’encadrement enseignant devra être adapté en conséquence. 

Proposition 32

Un enseignement maternel renforcé 

La Fédération Wallonie-Bruxelles investit moins dans l’enseignement maternel que la moyenne des pays de l’OCDE et des pays voisins. Pour les socialistes, l’enseignement maternel constitue une priorité étant donné le poids déterminant de cet enseignement dans le développement de l’enfant et dans la lutte contre les inégalités. Il est dès lors prioritaire de prévoir un investissement dans l’enseignement maternel afin de renforcer l’encadrement et la qualité, dans la ligne de ce que prévoit le Pacte pour un enseignement d’excellence. 

Proposition 33

La mise en place d’un tronc commun multidisciplinaire 

L’analyse des systèmes scolaires en vigueur dans d’autres pays européens montre que les modèles les plus générateurs d’inégalités sont ceux qui opèrent un tri précoce entre les bons et les moins bons élèves par l’exclusion, par le redoublement, par l’orientation rapide de l’élève vers l’enseignement technique ou professionnel lorsqu’il échoue dans l’enseignement général. Notre système éducatif, en Fédération Wallonie-Bruxelles, est le champion de ces mécanismes de tri et d’orientation forcée. 

Les socialistes préconisent la mise en place d’un tronc commun jusqu’à la fin de la quatrième année de l’enseignement secondaire. Il permettra à chaque élève d’avoir accès aux différents savoirs afin de faire ensuite un choix quant à l’orientation de son cursus scolaire, en connaissance de cause. Au coeur de ce tronc commun, les socialistes placent les savoirs fondamentaux et les disciplines techniques, manuelles et artistiques. L’instauration d’un tronc commun signifie qu’au cours de ces années, le nombre d’options est très réduit, de manière à éviter que le choix d’options opère comme un mécanisme de tri. L’objectif est de garantir à chaque élève l’acquisition des savoirs de base et de savoirs dans de multiples disciplines : scientifiques, littéraires, technologiques, techniques, artistiques. Il est donc « multidisciplinaire » ou « polytechnique ». A l’inverse de la situation actuelle, où les programmes de cours sont souvent cloisonnés et où les orientations interviennent très tôt, le tronc commun donne l’opportunité à l’élève d’avoir un accès à des connaissances diversifiées dans de nombreux domaines. Il découvre un ensemble de disciplines, ce qui lui permet de déterminer en toute connaissance de cause son parcours scolaire ultérieur. Tout au long du tronc commun, des épreuves s’assurent de la bonne maîtrise des acquis par l’ensemble des élèves. 

Le nouveau tronc commun répond donc aux lignes directrices suivantes : étendre la période d’éducation multidisciplinaire commune à tous les élèves de la maternelle jusqu’à la quatrième année de l’enseignement secondaire, supprimer les orientations avant la cinquième année de l’enseignement secondaire, avoir un caractère multidisciplinaire. 

Proposition 34

Un accompagnement permanent de l’élève pour éviter le redoublement 

La mise en place du tronc commun n’est pas la seule mesure utile pour lutter contre les inégalités dans l’organisation scolaire. En Fédération Wallonie-Bruxelles, la pratique du redoublement est fréquente et engendre beaucoup d’inégalités. Pour autant, décréter purement et simplement la fin du redoublement ne suffit pas. 

Afin qu’une limitation du redoublement soit réellement porteuse de progrès social, il faut introduire davantage qu’aujourd’hui des dispositifs qui assurent un soutien permanent aux élèves en difficulté. Concrètement, la « remédiation immédiate », qui fait intervenir un professeur dès qu’une lacune est constatée chez un élève, doit devenir la règle. Il en va de même du recours à des pédagogies individualisées, permettant de prendre en compte les difficultés spécifiques présentées par les élèves. L’instauration d’une étude dirigée gratuite s’inscrit également dans cette perspective d’accompagnement de l’élève. 

La mise en oeuvre de ces mécanismes d’appui sera rendue financièrement possible par les économies engendrées par la réduction drastique du nombre de redoublements. En Fédération Wallonie-Bruxelles, un jeune sur deux a déjà redoublé à l’âge de 15 ans, ce qui engendre un coût très important pour la collectivité. Avec le modèle de l’accompagnement permanent de l’élève, le PS préconise de passer d’un système sanctionnateur à un système émancipateur. 

Proposition 35

Un enseignement qualifiant de haut niveau et offrant des perspectives professionnelles 

A la suite du tronc commun multidisciplinaire prolongé, les élèves choisiront entre la filière qualifiante et la filière de préparation à l’enseignement supérieur. Ils poseront leur choix en âme et conscience, en fonction de leurs souhaits, de leurs habiletés personnelles, de leurs capacités.

La distinction entre filière technique et filière professionnelle sera supprimée. Au sein de la filière qualifiante et, si cela s’avère pertinent, par rapport à la formation choisie, tous les élèves seront appelés à suivre des cours en alternance c’est-à-dire à la fois des cours dans un établissement scolaire et une formation dans une entreprise, une association ou une institution. Formation théorique et formation sur le terrain se complètent. 

Aujourd’hui, trop de sections au sein de l’enseignement technique ou professionnel conduisent au chômage. Les jeunes qui en sortent n’ont aucune perspective d’emploi. L’enseignement qualifiant doit être repensé pour répondre à cette réalité. Le contenu des cours enseignés doit être revu. Les moyens mis en oeuvre pour transmettre les savoirs également. Il ne faut pas craindre de mobiliser des formes d’enseignement novatrices ou des pédagogies alternatives pour proposer un enseignement de grande qualité. 

L’enseignement qualifiant d’avenir doit prendre en compte de façon prépondérante les possibilités d’épanouissement personnel de l’élève, y compris à l’issue de son cursus scolaire, lorsqu’il arrivera dans le monde professionnel. L’enseignement dispensé dans la filière qualifiante doit poursuivre comme objectif premier d’assurer à ses élèves un accès à un emploi. Il est indispensable que les orientations proposées forment à des métiers qui débouchent sur des emplois durables et de qualité. Les moyens mis à la disposition des professeurs pour offrir un enseignement qualifiant de haut niveau doivent eux aussi être adaptés. A cet égard, la numérisation doit faire partie intégrante de l’apprentissage. Des pédagogies spécifiques et du matériel moderne s’avèrent nécessaires pour rencontrer cet objectif. 

Proposition 36

La régionalisation de l’organisation et de la régulation de la formation en alternance 

Il existe un lien évident entre la formation en alternance (où une partie de la formation se déroule en entreprise ou dans une institution) et les politiques d’emploi, gérées par les Régions, et de formation, dépendant de la Région wallonne et de la Commission communautaire française (Cocof) en Région de Bruxelles-Capitale. 

Pour plus de cohérence, les socialistes proposent une clarification de l’architecture institutionnelle, évitant les doublons et concurrences stériles, au profit de l’élève et de la qualité de l’apprentissage qui lui est délivré. 

Deux possibilités existent : 

Proposition 9 A. 

En ce qui concerne l’enseignement qualifiant organisé actuellement par la Fédération Wallonie- Bruxelles, après le tronc commun, les années de la filière qualifiante seraient co-organisées : 

  • d’une part, par la Région wallonne et la Cocof en Région de Bruxelles-Capitale pour le volet « formation pratique » : la Wallonie et la Cocof deviendraient pouvoirs organisateurs pour ce volet ; 
  • d’autre part, par la Fédération Wallonie-Bruxelles pour le volet « enseignement » : elle assurerait les cours généraux et les cours de pratique professionnelle. 

Le pouvoir de régulation serait assuré par la Wallonie ou la Cocof pour le volet « formation pratique » et par la Fédération Wallonie-Bruxelles pour le volet « enseignement » (cours généraux et de pratique professionnelle).

Proposition 9 B. 

La Région wallonne et la Cocof en Région de Bruxelles-Capitale deviendraient les pouvoirs organisateurs de l’ensemble de l’enseignement qualifiant (à l’issue du tronc commun) actuellement organisé par la Fédération Wallonie-Bruxelles, tant pour le volet « formation professionnelle » que pour le volet « enseignement ». 

Le pouvoir de régulation serait assuré par la Wallonie ou la Cocof pour le volet « formation pratique » et par la Fédération Wallonie-Bruxelles pour le volet « enseignement » (cours généraux et de pratique professionnelle). 

Proposition 37

Une optimisation de l’offre d’enseignement officiel 

A long terme, les socialistes estiment que la mise en place d’un réseau d’enseignement unique, organisé par les pouvoirs publics, serait de nature à assurer une égalité d’éducation (de qualité) à tous les élèves. Ce réseau unique doit mettre fin au marché scolaire générateur d’inégalités. Il doit également permettre d’assurer une éducation de qualité pour tous les enfants. Pour les socialistes, promoteurs de l’émancipation du plus grand nombre possible de citoyens, l’éducation doit devenir le premier des services publics. Cette perspective du réseau unique ne peut hélas s’entrevoir à court terme. Il requiert un long et profond débat pour une mise en oeuvre réussie. Il postule aussi un consensus le plus large possible dans la société. 

Dès lors, à court terme, tout en réaffirmant leur volonté d’aboutir à un réseau unique, les socialistes plaident pour, qu’a minima, une restructuration d’une partie du paysage scolaire puisse s’opérer. Aussi, ils préconisent qu’une optimisation de l’offre d’enseignement officiel s’effectue sans délai. 

Au sein de l’enseignement officiel, les communes organisent une grande majorité de l’enseignement maternel et primaire tandis que la Fédération Wallonie-Bruxelles organise une grande majorité de l’enseignement secondaire général. Par contre, l’enseignement qualifiant est organisé à un peu plus de 40% par les provinces et à un peu plus de 41% par la Fédération Wallonie-Bruxelles. 

Les socialistes proposent une clarification de l’organisation des niveaux d’enseignement. L’enseignement maternel et primaire sera organisé par les communes, l’enseignement général secondaire par la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’enseignement qualifiant par les provinces. Cette répartition devra tenir compte de l’éventuel rôle de pouvoir organisateur de l’enseignement en alternance (proposition 9 B) que pourraient assumer la Région wallonne et la Cocof en Région de Bruxelles-Capitale. 

Proposition 38

Une réforme du pouvoir organisateur de la Fédération Wallonie- Bruxelles 

L’histoire de notre pays en matière d’enseignement est complexe. L’Etat – l’Etat national d’abord, les Communautés depuis 1988 – organise son propre réseau d’enseignement. Il coexiste avec d’autres réseaux, officiels (l’enseignement communal ou l’enseignement provincial) ou privés (l’enseignement libre non confessionnel ou l’enseignement libre confessionnel). 

Des critiques ont pointé le côté saugrenu du paysage ainsi construit : la Fédération Wallonie- Bruxelles est le pouvoir régulateur de l’ensemble des réseaux d’enseignement ; elle est aussi pouvoir organisateur (PO) pour son propre réseau. 

Les socialistes ne sont pas insensibles à ces critiques. Aussi, le PS préconise de clarifier la situation. La motivation qui guide cette proposition est d’opérer un renforcement de l’enseignement organisé par la Fédération Wallonie-Bruxelles. 

En effet, une érosion constante du public fréquentant les établissements organisés par la Fédération Wallonie-Bruxelles a été constatée au cours des vingt dernières années. L’organisation générale du réseau, sa structure, sa capacité de réaction et d’adaptation, son manque de visibilité sont le plus souvent cités comme des éléments de faiblesse expliquant cette situation. 

Pour répondre à ces défis, les socialistes proposent un projet de renforcement et de déploiement du réseau de la Fédération. Ce projet devra s’opérer via une concertation, une participation et une implication des membres du personnel concernés. 

Les socialistes proposent une décentralisation de l’actuel pouvoir organisateur de la Fédération Wallonie-Bruxelles en des pouvoirs organisateurs locaux autonomes, à l’instar de l’enseignement officiel subventionné. Les conseils d’administration de ces pouvoirs organisateurs seront composés de personnalités de grande qualité ayant tantôt une connaissance reconnue de la pédagogie, tantôt une expertise en ressources humaines, tantôt encore des compétences en matière de gestion. Les aires géographiques que couvriront ces pouvoirs organisateurs publics feront l’objet de discussions avec notamment les syndicats et les associations de parents. 

Proposition 39

L’ouverture aux nouveaux modes d’apprentissage 

Le monde numérique et les nouvelles technologies ont une influence sur l’enseignement comme sur les autres domaines de la société. La numérisation favorise un travail en réseau et incite à la collaboration. Pensons par exemple à l’encyclopédie Wikipedia, rédigée par des milliers d’auteurs bénévoles à travers le monde, aux MOOC, ces cours universitaires mis en ligne et accessibles gratuitement à travers la planète, ou encore aux journées rassemblant en un même lieu des dizaines de jeunes développeurs informatiques chargés de résoudre des questions pointues. Dans les établissements scolaires également, le numérique facilite une approche collaborative du travail en classe. Il en est ainsi, par exemple, des logiciels pédagogiques qui mettent en avant la construction collective des savoirs. 

Pour les socialistes, les outils pédagogiques recourant aux nouvelles technologies et au numérique complètent utilement le panel d’instruments dont disposent les enseignants. Il ne s’agit pas de remplacer les méthodes d’apprentissage habituelles, mais d’utiliser tous les moyens à disposition pour parfaire l’apprentissage délivré aux élèves et étudiants. Les outils misant sur la collaboration, la participation et la solidarité entre élèves sont précieux en tant qu’instruments de lutte contre les inégalités. 

Proposition 40

Une formation initiale renforcée pour les enseignants 

Le monde a changé, les élèves ont changé, la place de l’école dans la société a changé. Le contenu de la formation des enseignants doit être adapté en permanence aux réalités sociétales. 

A cette fin, le PS estime que la formation initiale doit intégrer notamment les principes suivants : mieux armer les futurs enseignants à la lutte contre l’échec scolaire, développer leurs capacités de mise en oeuvre de pédagogies adaptées, les former à la mise en place d’échanges et de pratiques collaboratives entre eux, développer leurs capacités de gestion de l’hétérogénéité des classes, les rendre attentifs à la réalité de la pauvreté, ou encore leur enseigner les conséquences des bouleversements dus à la révolution numérique. 

Former les futurs enseignants à toutes ces compétences (en plus de la maîtrise de la langue française, des mathématiques de base et des disciplines à enseigner) ne peut s’envisager que via à un allongement des études. C’est la réforme du contenu qui dicte l’allongement. Un renforcement et un allongement de la formation initiale s’accompagneront d’une revalorisation salariale qui potentiellement pourrait augmenter l’attractivité de la profession.