Le Chantier des idées entre dans sa phase finale !

Une formation politique qui ne se remet pas régulièrement en question s’assèche. Cette vérité est d’autant plus forte lorsque la formation politique est – comme le Parti socialiste – progressiste. Il lui faut, à intervalles réguliers, soumettre son projet politique à un questionnement approfondi.  

Nos valeurs de solidarité et d’égalité sont intangibles. Notre soif de justice demeure inextinguible. Notre désir de liberté et d’émancipation pour tous est sans mesure. Mais le monde change et la mise en œuvre de nos valeurs doit évoluer avec son temps.

En 2015, j’ai lancé le Chantier des idées. Son objectif était clair : prendre le temps de la réflexion pour adapter les réponses des socialistes aux grandes questions actuelles. Pendant deux ans, les sujets de réflexion se sont succédé. Quinze colloques, des conférences thématiques, des forums et les Rencontres de l’été 2016 ont traité des différents enjeux qui se présentent à nous. Tout au long du processus, nous avons pu compter sur l’appui de spécialistes talentueux, belges et étrangers, et de militants mobilisés, participatifs et enthousiastes. 

Cette réflexion commune nous a permis de mieux appréhender les défis de notre époque, de tracer de nouvelles voies d’actions et d’esquisser un nouveau projet de société progressiste. Un projet propre aux socialistes. Résolument ancré à gauche, car c’est notre ADN. Ambitieux, aussi : il ne pourra assurément pas être mis en œuvre en quelques mois ; c’est un nouvel horizon que nous dessinons. Novateur enfin, car les progressistes que nous sommes ne peuvent se contenter de solutions existantes, parfois insuffisantes, parfois périmées. Il nous faut inventer l’avenir. Et le concrétiser. 

Certains espéraient que la fin du socialisme soit arrivée. Ils seront déçus. Ce n’est pas le cas ! 

Il faut dire aussi que les questions sociales sont à nouveau criantes. La crise économique que nous subissons est le résultat de l’échec cuisant d’un capitalisme exacerbé soutenu politiquement par les néolibéraux. La question environnementale, tellement importante de nos jours, est aussi une question sociale : les premières victimes des dérèglements climatiques sont les plus précaires ; les populations les plus concernées par la transition énergétique sont d’abord les plus vulnérables. La révolution numérique, inéluctable, engendrera quant à elle des pertes d’emploi qui toucheront en premier lieu les emplois les moins qualifiés.

Régénérés par le Chantier des idées, les socialistes offrent un nouveau référentiel, qui intègre les bouleversements sociétaux et y apporte des solutions. Ce nouveau référentiel propose de nouvelles avancées aux citoyens. Il parachève la protection sociale en réduisant les inégalités et en luttant de façon déterminante contre la pauvreté. Il réorganise notre modèle de santé pour le rendre plus accessible et efficient. Il promeut une économie qui place au premier rang le bien-être des travailleurs et des consommateurs. Il développe un écosocialisme qui allie protection environnementale, préoccupation sociale et développement économique. Il vise à une pleine émancipation personnelle par une école qui amène chacun au maximum de ses capacités et par une culture qui éveille et qui libère. Il défend les libertés individuelles et l’épanouissement personnel des citoyens d’ici et d’ailleurs. Il définit le rôle de l’Etat au 21e siècle et de ses services publics au regard des besoins collectifs. Il formule des pistes de réformes judiciaires. Il s’attache à promouvoir une sécurité publique efficace et respectueuse des droits fondamentaux. Il ouvre la perspective d’une fiscalité plus juste qui mette à contribution tous les revenus, dont ceux qui sont issus du capital. Il prône une refonte des institutions européennes pour rendre l’Europe plus démocratique, plus solidaire et plus performante.

Certaines mesures sont coûteuses ; d’autres nécessitent des modifications juridiques importantes ; la plupart supposent une majorité parlementaire pour pouvoir être concrétisées. Nous le savons et cela ne nous fait pas peur. C’est même une volonté clairement assumée : fixer des objectifs qui soient élevés, sans être irréalistes, et qui permettent aux socialistes – électeurs, militants, mandataires – de se donner un dessein commun.

Plus que jamais, le socialisme est une philosophie politique contemporaine. Plus que jamais, le socialisme est une idée d’avenir et de l’avenir.  

Les expériences récentes, dans d’autres pays européens, nous incitent à garder  le cap d’un socialisme authentique et constructif. Le projet du Parti socialiste s’inscrit dans un cadre belge. Mais les actions qu’il préconise peuvent inspirer au-delà de nos frontières. 

Le résultat des deux années de réflexion du Chantier des idées a été compilé et enrichi par les conseillers de l’Institut Emile Vandervelde. Il en résulte un épais rapport en deux parties. La première identifie les constats ; la seconde ébauche des réponses. Le tout forme un nouveau projet de société socialiste.

 Vous pouvez télécharger le rapport complet ici.

Pour autant, le travail n’est pas achevé. L’esquisse est désormais dans les mains des militants.

Bien entendu, nombre d’entre eux se sont déjà exprimés au cours des rencontres et débats du Chantier des idées.

Toutefois, l’envergure du projet, l’importance des choix opérés et la multiplicité des propositions sont telles qu’une dernière grande consultation me semble nécessaire. La discussion se fera, cette fois, avec une vue d’ensemble qui permettra de mieux intégrer les différentes pièces du puzzle.

Pour faciliter les discussions, j’ai demandé à l’IEV de dégager du rapport une synthèse du Chantier des idées. Cette synthèse prend la forme de 123 propositions pertinentes. Vous pouvez la télécharger ici. Si vous le souhaitez, vous pouvez également demander qu’une version en format papier vous soit adressée par courrier (02.548.32.11 ou chantier@ps.be).

Les propositions sont présentées par chapitres référencés par ordre alphabétique. Chaque militante, chaque militant est invité(e) à amender et compléter les propositions et à les hiérarchiser. A cet effet, toutes les sections locales, les USC et les fédérations encourageront leurs membres à participer à des débats et prendront note des amendements et ajouts judicieux.

Vous trouverez ici les coordonnées de votre fédération pour connaitre les dates et lieux de débat près de chez vous. 

Enfin, il me paraît utile de profiter de notre congrès extraordinaire du 26 novembre, qui clôture le Chantier des idées, pour rédiger le « Manifeste socialiste ». Une ébauche est jointe à la synthèse des propositions. Ce n’est qu’une ébauche. Le Manifeste sera, lui aussi, le résultat d’un travail participatif reposant sur les contributions des militants.

Vous pouvez télécharger le projet de Manifeste ici.

C’est ensemble que l’on construit les plus grandes victoires et que l’on conquiert les plus belles avancées.

Bon travail à chacune et à chacun.

Très fraternellement,

Elio Di Rupo

Le 21 août 2017